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Pourquoi les hôpitaux se tournent vers l'impression 3D.

3 min. de lecture

L'impression 3D dans les participants au cours de médecine regardant une exposition de modèles anatomiques imprimés en 3D

Une perception plus concrète, une intégration complète avec les dossiers médicaux électroniques et la possibilité d'interargir avec les patients sans utiliser d'écran : voilà quelques-unes des nombreuses raisons pour lesquelles les hôpitaux se tournent vers l'impression 3D sur le lieu d'intervention, comme l'explique la formation « 3D Printing in Medicine ». Cet événement, qui a eu lieu les 13 et 14 juin au musée M de Leuven, en Belgique, a rassemblé des cliniciens, des spécialistes de l'imagerie médicale, des ingénieurs et d'autres experts impliqués dans la transformation des données d'imagerie médicale en modèles anatomiques pour les hôpitaux afin de partager leurs apprentissages, leurs découvertes et leurs cas dans le but de faire progresser ce domaine.

Nous avons réalisé de belles avancées, mais il reste encore beaucoup à faire, avoue le Dr Jonathan Morris de la Mayo Clinic des États-Unis, conférencier d'honneur de l'événement. Rien que l'année dernière, la Mayo Clinic a pu produire plus de 3 000 modèles anatomiques imprimés en 3D ; la réalisation d'un rêve pour le Dr Morris, qui a imprimé le premier modèle à l'hôpital il y a 12 ans.

Le Dr Jonathan Morris est à la tête du laboratoire d'impression 3D de la clinique Mayo aux États-Unis, faisant une présentation lors du cours d'impression 3D en médecine

Une perception plus concrète

En tant que directeur du laboratoire de modélisation anatomique de la Mayo Clinic et neuroradiologue, le Dr Morris a pu constater les innombrables avantages de l'impression de modèles spécifiques aux patients. Les modèles demandent moins de gymnastique mentale, car les chirurgiens peuvent les tenir dans leurs mains et passer en revue l'intégralité de la procédure plus en détail avant de passer au bloc opératoire. 

3 hommes examinent des modèles anatomiques imprimés en 3D
Les modèles anatomiques spécifiques aux patients peuvent offrir une meilleure perception haptique pour les chirurgiens, qui peuvent prévoir et prévisualiser leurs opérations plus en détail.

Même ses collègues chirurgiens les plus expérimentés lui demandent des impressions 3D afin d'obtenir de précieuses informations dont ils ne pourraient pas bénéficier autrement. En outre, ces modèles permettent aux médecins de préparer le placement des implants avant l'opération, ce qui leur permet de réaliser de précieux gains de temps et d'argent, étant donné que le coût du temps passé au bloc opératoire peut dépasser 100 $ par minute.

Le Dr Morris apprécie également le fait que les modèles permettent une communication plus directe entre les médecins et leurs patients. Avec l'omniprésence croissante des technologies numériques dans le domaine de la médecine, les médecins et leurs patients regardent de plus en plus des écrans d'ordinateur pour passer en revue les diagnostics et les traitements. Avec un modèle à la main, les deux participants peuvent discuter de manière plus interactive, et c'est ce point qui, estime le Dr Morris, permet aux patients mieux être informés et ainsi de donner un consentement plus éclairé.

La courbe d'Allen

L'un des avantages les plus importants que le Dr Morris a pu constater en imprimant en interne plutôt qu'en externe est le fait que ce processus augmente le volume de modèles et les spécialités qui peuvent en bénéficier, ce qui, in fine, améliore les soins prodigués aux patients. Selon lui, ceci valide la théorie de la courbe d'Allen, selon laquelle la fréquence des communications entre ingénieurs baisse lorsque la distance qui les sépare augmente. Le Dr Morris estime que la proximité entre le laboratoire 3D et les chirurgiens est très importante, car la communication et l'utilisation des modèles augmentent avec la présence d'un laboratoire en interne. 

Un panel de conférenciers, dont le Dr Morris au cours sur l'impression 3D en médecine
D'après le Dr Morris, un laboratoire d'impression 3D permet aux chirurgiens d'apporter leurs problèmes et d'utiliser l'impression 3D pour les résoudre.

De nombreux autres avantages de l'impression sur le lieu d'intervention ont été abordés par le Dr Morris et d'autres conférenciers tout au long de la journée, notamment l'argument selon lequel le fait d'avoir un laboratoire d'impression 3D dans un hôpital permet d'intégrer la totalité de ces informations dans les dossiers médicaux électroniques.

Les cliniciens souhaitent tout de même voir encore quelques domaines d'intérêt se développer davantage. Tous les participants à l'événement ont pu se réjouir d'apprendre que les codes LPPR avaient été récemment approuvés par l'AMA et les CMS, et que ceux-ci comprendraient bientôt un code de facturation dédié au remboursement des frais d'impression 3D.

Enfin, un des points essentiels que ces discussions ont fait émerger était que, pour intégrer un laboratoire dans un hôpital, il faut être prêt dépasser la structure en silo, et avoir des collègues prêts à travailler avec une méthode véritablement pluridisciplinaire. Le Dr Morris a conclu par ses deux meilleurs conseils : faites preuve d'optimisme, et soyez prêt à apprendre des autres.

"Nous avons commencé l'impression 3D au point de service en fonction d'un besoin clinique", a déclaré le Dr Morris. « Nous avons pu nous développer car nous n'avions pas de silos. Nous avons permis aux chirurgiens de venir avec leurs problèmes et d'utiliser l'impression 3D pour résoudre leurs problèmes. C'est ainsi que nous avons vraiment grandi et que nous continuons à nous développer en raison des besoins cliniques.

L-100521-01


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